COURS DE THEATRE CONTEMPORAIN
Jean-François Moulin metteur en scène, premier prix du conservatoire d’art dramatique propose un travail autour des textes de :
Michel Vinaver – Pier Paolo Pasolini - Bernard Marie Koltès - Jean-Paul Sartre
Marguerite Duras– Guy Foissy - Jean-Yves Picq - Harold Pinter – Max Frisch - Edward Albee
Copi – Eugène Ionesco – Samuel Beckett - Julien Green
René de Obaldia – Rainer Werner Fassbinder…
lecture de l’œuvre – travail de la voix – mise en espace de textes en public
lundi/mardi de 18hOO à 21h00 165 €/trimestre
renseignements 04 78 76 11 96 / 06 09 60 30 90
THEATRE DE L’INTERVALLE 21 RUE ROYALE LYON 1er
Articles de presse Jean-François Moulin Metteur en scène - Premier prix du Conservatoire d’Art dramatique de Lyon
de Pier Paolo Pasolini Les cendres de Gramsci
Lyon Poche - Marielle Crea’ch
On connaît son œuvre cinématographique, on se souvient aussi de ses virulentes prises de position politiques, de ses procès, et bien sûr, de sa mort violente sur une plage d’Ostie en
1975… Mais de Pier Paolo Pasolini on connaît en général assez mal l’œuvre poétique et théâtrale… Une lacune que Jean-François Moulin se propose de combler… Un projet pérenne
original pour une passion littéraire conçue de longue date… « J’ai vu tous ses films (le plus beau restant pour moi « Médée » avec Maria Callas) puis j’ai lu peu à peu tous ses textes qui
m’ont émerveillé ; la langue est magnifique qui s’attache sans cesse à parler de la misère, de droit à la différence, du monde ouvrier, de la ville… de la réalité en somme, même si elle est
toujours poétisée. J’ai profondément envie qu’on n’oublie pas Pier Paolo Pasolini. Pour le « Printemps des poètes », j’ai dit « Qui je suis », un récit autobiographique dans lequel il exprime
tout l’amour qu’il portait à sa mère, toute la culpabilité aussi qu’il conçut quand son jeune frère fut assassiné par les Partisans alors qu’il l’avait incité à entrer dans leur rangs.
Dans « Les cendres de Gramsci », sur la tombe de celui qui lui servit d’essentielle référence idéologique, Pier Paolo Pasolini décrit la ville telle qu’elle lui apparaissait, fascinante
et monstrueuse, dans les années ’50.
de Michel Vinaver La demande d'emploi, Les travaux et les jours, Dissident
Lyon Poche - Trina Mounier.
Le théâtre de Michel Vinaver est proche des gens, il leur parle de ce qui fait leur quotidien, de ce monde du travail qui envahi jusqu'au plus intime. Il faut dire que Michel Vinaver connait bien le milieu de l'entreprise avec son souci des performances puisqu'il en est issu même si cela fait longtemps qu'il l'a abandonné pour se consacrer à l'écriture. Avec " La demande d'emploi ", il nous place dans un huis-clos familial qui met en scène trois... non, quatre personnages : Monsieur Fage cadre au chômage, sa femme et sa fille vivent au rythme des entretiens d'embauche et des réponses aux lettres de candidature. Peu à peu, toute la vie familiale est gangrenée, au point que figure dans un coin de la pièce le quatrième personnage, l'agent recruteur et ses questions insidieuses sur le caractère, les goûts, la vie de famille... Vie de famille qui n'existe bientôt plus que dans la curiosité du recruteur...L'INTRUS. La mise en scène que propose de ce texte Jean- François Moulin est efficace et subtile avec ses jeux croisés de phrases adressées et non entendues qui rendent sensibles l'incommunicabilité et la tentation du repli sur soi. Jouée à l'Espace 44 en alternance avec "Les travaux et les jours" elle donne un bon aperçu de l'univers de Vinaver qui est aussi le nôtre.
de Michel Vinaver La demande d’emploi Un texte déroutant mais agitateur, servi par de remarquables acteurs
Le Progrès de Saint Etienne
Il s'agit de la quotidienneté épuisante d'une famille confrontée au chômage. Huis-clos. Quatre personnages sont sur scène (le père, la mère, la fille, un recruteur parmi tant d'autres). Ils parlent chacun dans leur propre boucle intérieure, pris au piège de l'incommunicabilité qui s'installe. Les pertes de repères désarçonnent et font mal, tant dans le couple que dans la famille, d'autant que l'exclusion, mise en mots crus par le recruteur, a des relents de culpabilité. Ainsi ils se parlent tour à tour sans presque attendre de réponse, ni même finir leurs phrases. Seule la fille, peut-être, continue d'exister. A quel prix ! Celui de bêtises accumulées. Le fractionnement des dialogues oblige le spectateur à s'impliquer dans les non-dits. C'est une pièce difficile, la façon de la jouer l'est aussi, et les acteurs y sont remarquables. A voir, ne serait-ce que pour rendre plus tangible encore ces mots de l'auteur : " Oui, le théâtre peut être agissant "
de Nicolas Gogol Le Journal d'un fou Festival off d'Avignon
Le Provençal - Vent de folie
Le journal d'un fou c'est l'histoire d'un petit fonctionnaire victime de sa condition. Auxence Ivanovitch vit dans le carcan de sa solitude son seul moyen d'évasion est la folie. La mise en scène sobre et intelligente de Jean-François Moulin met en valeur toute la subtilité d'un texte admirable de Gogol. La détresse du personnage, l'emprisonnement d'un esprit dans l'exiguïté d'une hiérarchie mesquine et étouffante exprime toute la névrose d'un homme qui ne peut assumer les vicissitudes de sa médiocre existence. Un spectacle d'une finesse extrême où il est impossible de ne pas ressentir l'étouffement d'une âme qui sombre faute d'accéder à une liberté. L'espace et les lumières se réduisent peu à peu pour ne plus devenir que le petit noyau de cette âme qui palpite et finira par s'éteindre...
Jacques Prévert
Le Progrès –Prévert en liberté - Antoine Ancelet
Jean-François Moulin fait sortir " Jacques Prévert ", ainsi qu'il a nommé son spectacle, des récitations des salles de classes pour lui rendre sa dimension insolite et réaliste à la fois.
Jacques Prévert s'introduit en musique sur l'air des feuilles mortes puis entre Jean-François Moulin le mettant en scène, faisant exister ses personnages à travers le ton, la gestuelle du griot complètement habité par son histoire. Il met toute sa verve et sa malice dans
" Crosse en l'air " feuilleton de révolte poétique. Le dialogue à trois entre l'auteur, le narrateur et le public se déroule à merveille.
Articles de presse
Création du Théâtre de l'Intervalle
Lyon Capitale – Audrey Hadorn “ C’est dangereux l’unanimité “
Il y a un an, le Théâtre de l’Intervalle ouvrait ses portes dans le premier arrondissement de Lyon.
Jean-François Moulin, co-directeur du lieu avec Gabriel Siliberti, a accepté de nous parler de sa conception du théâtre.
Lyon Capitale : Lorsque vous avez décidé d’ouvrir ce théâtre, certains vous ont dit que c’était « une folie », d’autres vous félicitaient voyant dans cet acte « un rempart contre la barbarie ». Une année s’est écoulée, comment résonnent ces propos aujourd’hui ?
Jean-François Moulin : aujourd’hui l’expression de « rempart contre la barbarie » me revient en mémoire lorsque j’entends Ingrid Bétancourt souhaitant écrire une pièce de théâtre pour « montrer la réalité » de ce qu’elle a vécu. Un petit théâtre sert à ça, on peut dire des choses, on peut aussi s’y amuser. Dire, entendre et partager c’est important…
Votre programmation accorde une grande place à l’actualité. Ce souci d’ancrage du théâtre dans le monde contemporain demeurera t-il la préoccupation première du théâtre de l’Intervalle ?
Oui, avec l’envie aussi de ne pas oublier certains auteurs. Chaque année nous proposerons des textes de Pier Paolo Pasolini. J’ai la volonté de le faire exister dans mon théâtre en tant que gardien de la démocratie !
Ma guerre d’Algérie l’année dernière de Bernard Gerland, cette année le conflit israélo-palestinien avec Agnus Dei, aimez vous les sujets délicats et ambigus ?
Un petit théâtre a le devoir essentiel d’en parler. Pour Agnus Dei, ça a commencé par une rencontre avec le metteur en scène Katy Grandi, et j’ai accepté de porter son projet car le texte de Jean-Jacques Greneau montre deux points de vue sur le conflit, un israélien et l’autre palestinien.
Mais un sujet aussi brûlant ne fera pas l’unanimité.
Oui mais heureusement, c’est dangereux l’unanimité. Michel Vinaver m’avait écrit :
« oui, le théâtre est agissant ».
Un petit lieu c’est aussi une possibilité d’échange, c’est un moyen de ne pas seulement écouter. On devient de plus en plus passif et ce n’est pas un risque de ne pas être passif ce n’est pas un risque de venir écouter, le risque est ailleurs…
On parle beaucoup dernièrement du désengagement de l’Etat dans les budgets de la culture, êtes vous directement touchés en tant que petit théâtre ?
Oui nous sommes très touchés… Créer un théâtre c’est un moyen de sauvegarder l’emploi en faisant travailler de petites compagnies. Nous sommes un lieu de culture, on sauvegarde des œuvres de théâtre, on offre de la culture de proximité. Le théâtre n’est pas un acte égoïste. On doit être aidé.
Pour vous, un théâtre a-t-il des devoirs envers les spectateurs ?
Oui de nombreux. Les respecter dans la qualité de ce qu’il propose. Ne pas les tromper. Je respecte profondément le public car depuis toujours je suis admiratif de la démarche du spectateur qui se déplace pour venir assister à un spectacle.